VERDICT ?!

Nous sommes le dimanche 12 mars 2017 et nous allons tenter d’entrer en Thaïlande au culot. Nous n’avons de toute façon rien à perdre, puisque la DLT nous a refusé l’entrée du pays et ne veut pas délivrer de dérogation à ceux qui doivent rentrer en France via un shipping en Malaisie !
Nous avions rencontré durant ces premiers mois de voyage quelques personnes connaissant la mentalité thaï, et toutes nous avaient dit d’y aller au culot ! Mais attention un CULOT ULTRA-POLI et RECONNAISSANT !

Mais l’exercice n’est pas facile car avant de tenter notre chance au poste frontalier Thaïlandais, nous devons faire comprendre (et accepter !!!) à l’armée Laotienne de bien vouloir nous laisser sortir «temporairement» sans tamponner nos visas… Et bien entendu, tout ceci en anglais… ! C’est là où tout se complique, car peu de douaniers dans cette région parlent la langue ! Pourquoi ne pas vouloir tamponner nos visas ? Car si cela ne fonctionne pas ici, nous devrons retenter notre chance ailleurs et la prochaine douane verra les différents visas et se posera des questions… et des questions, on n’en veut pas !
Et puis d’un point de vue purement terre à terre, nous n’allons pas payer à chaque fois, le prix d’un visa !!!

Nous descendons tous les trois de Bul, et nous nous dirigeons vers le bureau de douane pour l’import et l’export de véhicule. Nous commençons nos explications, mais la personne en face de nous ne comprend pas et nous demande d’aller du côté des visas.
Nous changeons donc de bureau… deuxième personne, deuxième explication, deuxième incompréhension et donc refus ! Ok, ça commence mal ! Je ne pensais pas que cette étape serait compliquée…
Discrètement, je dis à Samuel que nous n’avons plus rien à perdre et qu’il faut aller demander directement auprès du « garde-barrière » ! Il est d’accord avec moi et nous voici, marchant vers lui, avec un grand sourire… signe d’apaisement !
Troisième tentative d’explication : et Oui ! Il est d’accord…. Mais son supérieur arrive, et refuse ! Nous devons obtenir l’autorisation du bureau des visas!!! Oui, on veut bien mais il ne comprend pas notre demande, certes atypique ! Le « garde-barrière » contacte alors ledit bureau et leur explique la situation… Nous sommes fermement attendu au premier poste. Bon, nous décidons de la jouer : «Nous sommes étrangers, et ne comprenons rien à rien ! Nous avons fait une bêtise ? Ah bon ?! Désolés !!!!» Ça semble fonctionner… Puis quelques brèves explications supplémentaires et une note d’humour finissent de détendre l’atmosphère. Les militaires Laotiens acceptent ! Je reste avec Lila et nos 2 passeports au Laos en « gage » du retour de Samuel !

J’encourage mon mari, et lui dis d’inventer tout et n’importe quoi pour que nous rentrions ce soir en Thaïlande. Nous nous embrassons et nous nous quittons. Samuel grimpe dans le camping-car. Mais revirement de situation ! Les Militaires nous rattrapent ! Ils changent d’avis ?! Pas vraiment… Bul reste aussi avec moi !!! Là, ça se complique vraiment ! La frontière Thaïlandaise est à plus de 4 kms… Les douaniers nous montrent les tuk-tuk, seuls autorisés à faire ces allers-retours ! Je vois partir mon mari sur son nouveau moyen de transport… et prie pour que tout aille pour le mieux.
Mais comment occuper une petite fille de 5 ans ? Avec un dessin-animé, bien entendu ! Nous voilà donc toutes les deux, dans le bureau de la douane, en train de regarder L’âge de glace, sous le regard amusé et intéressé des militaires !!!

Samuel, de son côté - à savoir côté Thaïlandais !! – parvient au bureau des importations des véhicules. Il présente le carnet de douane de Bul et c’est un refus simple et définitif qu’il reçoit ! Les 2 douaniers lui expliquent que ce pas valable et donc impossible ! Samuel, lui, fait semblant de ne pas comprendre pourquoi il a pu traverser une première fois et pas une seconde… Il joue le désespéré (ce qui se rapproche de la réalité !), insiste puis reste les bras ballants… L’un des deux douaniers s’en va, et c’est alors que l’autre cède !... Hein ?! Ok ?! C’est possible ?! Samuel lui explique qu’il revient avec femme, enfant et véhicule et repart en courant… ou presque, en tuk-tuk !
Je lève les yeux et découvre Samuel. Je le vois de loin, s’avançant vers nous avec un léger sourire aux lèvres. Je n’ose à peine y croire… Mais rien n’est signé et tamponner, donc, nous sommes encore méfiants !

Nous faisons rapidement nos demandes de sorties pour le Laos, en moins de 10 minutes, un record !!! Nous remontons dans Bul, présentons nos papiers au « garde-barrière », qui me demande alors de descendre du véhicule… Nous ne comprenons pas mais je m’exécute ! Il fait alors signe à Samuel de passer sous la barrière avec le véhicule, puis me demande la même chose, mais à pied ! Cette fois, c’est bon ! Nous pouvons aller tenter notre chance en Thaïlande ! Cette seule étape nous a déjà épuisé et finit de mettre nos nerfs à vifs ! Mais il nous reste le plus dur !!!

Nous garons Bul devant les bureaux d’entrée de la Thaïlande, puis allons présenter nos passeports. Le douanier nous demande alors de « lire » le document affiché : Il n’est autorisé plus que 2 entrées/sorties terrestres par année civile, depuis décembre… Nous le savions et ne comptons pas revenir tout de suite en Thaïlande ! Passeports tamponnés !

Enfin, nous partons voir notre militaire compatissant, en espérant qu’il n’ait pas changé d’avis ! Nous lui présentons les papiers et il commence à remplir le formulaire…. Ça sent bon, tout ça !!! Nous commençons à réaliser que nous allons pouvoir retraverser toute la Thaïlande et retourner en Malaisie. Hep pas si vite !!! Il manque un papier ?! Lequel ? L’attestation d’assurance du véhicule ?! Là, ça se complique vraiment, car nous n’en avons pas… encore !!! Nous lui montrons l’assurance française : non, ça ne fonctionne pas. On pouvait toujours essayer ! Puis, nous lui montrons l’assurance que nous avions prise à l’aller… Le douanier est tout content jusqu’à ce qu’il voit les dates du contrat, naturellement expirées ! Nous lui expliquons que nous allons en prendre une, dans la prochaine grande ville… Non, non ! Il la lui faut maintenant ! Il y a un bureau d’assurance à 2 minutes à pied. Samuel rassuré part en chercher une… mais nous sommes dimanche, 19h… et l’agence est fermée ! RIEN N’EST SIMPLE !
Une personne bienveillante voit le désespoir sur le visage de Samuel et appelle alors quelqu’un. La responsable des assurances passera dans 1 heure pour nous faire les papiers ! Un peu rassuré, Samuel explique la situation au douanier. Celui-ci lui tend alors les papiers de Bul et nous demande de revenir dans une heure avec l’attestation. En attendant, nous avons le droit de franchir la frontière et de nos garer devant l’assureur. Nous ouvrons alors le carnet de douane de Bul, il est tamponné !!! Nous n’en revenons pas ! Nous pourrions partir comme ça ! Mais nous ne le faisons pas et attendons d’avoir notre assurance. Nous l’aurons 1h45 plus tard… ! Nous avons réussi à négocier à 6 mois au lieu des 12 initialement prévus, la durée de la souscription.

Samuel retourne une dernière fois, voir le douanier, et enfin c’est terminé ! Nous aurons mis 4 heures pour franchir la frontière et ne réalisons pas encore ce qu’il vient de se passer !
Première photo en Thaïlande, devant le bureau de l'assureur!

Nous ne perdons pas de temps… nous décampons !!! Nous voulons rouler le plus loin possible de la « border » afin de ne pas être rattrapés par un militaire trop zélé ! Nous roulons 2 heures, et ne nous arrêtons que quelques minutes au « 7eleven », une supérette, afin d’acheter quelque chose à manger. Nous roulons vers le sud, direction de Nan. Nous sommes assommés. Ce n’est que vers 23h que nous nous garons dans une station-service… pour changer !

Nous prévenons famille, amis, voyageurs rencontrés et voyageurs dans la même galère que nous, de cette bonne nouvelle.
Puis nous nous couchons. Nous nous endormons immédiatement d’un sommeil lourd !



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