LA FRONTIERE


Nous nous réveillons ce samedi 11 février à 7h30. Nous nous préparons et commençons à prendre notre petit-déjeuner lorsque nous entendons frapper à la porte ! Il est 8h05. C’est monsieur Hai Nguyen, le directeur de l’agence La Palanche, qui est venu lui-même, nous remettre les « documents-sésame » ! Il nous attendait en réalité entre le No Man’s Land des deux frontières… pour 8h. Il nous avait envoyé tard la veille, un mail, que nous n’avions pas eu ! Mais ça tombe plutôt bien pour nous car il nous aide à sortir aussi du Cambodge en évitant tout problème éventuel avec les militaires de la douane.
En moins de quarante minutes, nous sortons du Cambodge. Et cette fois-ci, pas de «dédommagements» pour les douaniers ! Le plus facile est fait ! Nous garons Bul devant le bureau de douane vietnamien et commençons à attendre… et surtout à croiser les doigts ! 
Lila me prenant en photo pendant que l'on s'occupe des formalités...
Les premières démarches concernent le véhicule. Il a fallu fournir un certain nombre de documents au gouvernement comme l’assurance du véhicule, la carte grise, nos permis de conduire français et internationaux, nos passeports, le carnet de douane, le dernier contrôle technique (nous avions dû embêter en décembre monsieur et madame Roux, les anciens propriétaires : Merci à eux !) et les photos des 4 faces du camping-car. Nous avons dû écrire également un courrier à l’ambassade de France du Vietnam afin qu’elle nous autorise à pénétrer dans le pays (là, j’avoue n’avoir pas bien compris pourquoi… peut-être que l’ambassade se porte garante pour nous… ?). Enfin, il a fallu indiquer notre parcours touristique sur le mois complet. C’est l’agence qui nous a proposé un itinéraire, qui d’ailleurs correspond bien à nos envies. Donc, pas si simple pour faire venir Bul mais faisable ! Le coût total de cette opération 900 euros. Beaucoup de famille décide de ne pas le faire car trop onéreux. Nous avons réfléchi, puis l’un dans l’autre, on s’est dit qu’avec un mois d’hôtel, avec les transports (taxi dans les villes, bus ou avion) et les trois repas par jour, notre économie ne serait pas si conséquente. Nous aurions également perdu de notre autonomie. Et puis, on tient à notre Bul!!! Il nous ouvre beaucoup de portes, qui plus est !


Pendant que Samuel et monsieur Hai Nguyen patiente…

… un petit attroupement se fait autour de Bul.
 Samuel arrive, et les invite à monter! Une dizaine de personnes se pressent à l’intérieur, avec souvent une séance photo à la clé ! Je souris car nous avions perdu l’habitude d’ouvrir ainsi notre porte. J’ai l’impression de nous revoir au début de notre périple en Malaisie ou dans le sud de la Thaïlande. On nous disait que le peuple Vietnamien était moins souriant que les Laotiens ou Cambodgiens… Je peux dire, que pour l’instant, avoir d’avantage vu de beaux sourires plutôt que des visages fermés ! C’est peut-être ça, « l’effet Bul » ?!!!

D’ailleurs l’attrait de Bul gagne aussi les animaux !

Il est 10h et nous avons enfin tous les papiers en main ! Nous reverrons monsieur Hai Nguyen à la fin de notre voyage, sur Hanoï. En attendant, il nous a prêté un téléphone portable avec une carte, afin que l’on puisse se contacter en cas de problème ! C’est très gentil de sa part, et on espère qu’on n’aura pas à s’en servir ! Nous lui avons également fait part de nos problèmes avec les frontières thaïlandaises. Il en a entendu parlé et nous propose de nous renseigner sur les cargo partant du Vietnam… Il sait que c’est possible, car il a, dans le passé, réussit à exporter un camping-car vers la France. On accepte avec plaisir, et on se sépare en se disant « à dans un mois ! ».
Voilà ! Nous sommes au Vietnam. Pour ceux qui me connaissent, ils savent l’importance que ce pays a à mes yeux. La terre de ma grand-mère maternelle, de la rencontre de mes grands-parents. A travers leur histoire, douloureuse parfois, elle est devenue mienne également. Alors bien sûr, être ici, avec ma famille, me comble de joie et d’émotions. Je ne m’attendais d’ailleurs pas à être assaillie par autant de sentiments en même temps et surtout si forts ! Je suis comme « dopée » par ce pays !


Nous entrons au Vietnam, et immédiatement, le paysage change. Incroyable ! Nous voyons à perte de vue, des kilomètres de rizières, de vert profond. Au milieu de ces champs, se dresse parfois une ou deux dalles blanches, des tombes.

Puis soudain, le bruit, l’agit ation de la ville nous saute littéralement au visage ! Nous avons la sensation d’être encerclés par des dizaines de scooters et de piétons !
Nous avons peur de frôler quelqu’un mais Bul parvient à se frayer un chemin. Ce sont des centaines de fidèles qui viennent se recueillirent devant la Reine du Pays, une statue de pierre.

Nous ne pouvons absolument pas nous arrêter à cet endroit. Il n’y a pas de places de stationnement.

Nous décidons donc de poursuivre notre route et je pense que nous avons bien fait. Nous apercevons alors un embouteillage sur la voie d’en face… des cars entiers de pèlerins ! Je me demande comment et où, ils vont se garer ?!
Sur la route menant à Chau Doc, nous commençons à comprendre le système de circulation du pays. Sur une route à deux fois deux voies, une est destinée au scooters, et l’autres aux véhicules en tout genre. Pour doubler, plus qu’une solution : doubler par la droite, en faisant attention de ne pas renverser un 2 roues !
Nous nous rapprochons de la première grosse ville post-frontière : Châu Dôc avec ses 90 000 habitants ! La circulation devient de plus en plus dense, et je peux dire, que ça nous change totalement de la conduire du Laos ou du Cambodge ! Samuel conduit, et moi, je regarde de toute part afin d’éviter toute collision avec un scooter. Il faut dire que la moitié des vietnamiens se déplacent avec ce moyen de transport, soit environs 45 millions de 2 roues dans tout le pays !!!
Nous comprenons également que les villes se sont développées en ne prenant absolument pas en compte le stationnement des véhicules plus importants…Alors forcément, trouver une place pour Bul et ses 7,50m de long est mission impossible ! Nous repérons un large trottoir devant un magasin d’électroménager, où les scooters se garent. Nous nous y arrêtons sous le regard ahuri du gardien. Ici, chaque grand magasin emploie des personnes pour le stationnement devant leurs portes. Nous en profitons pour aller acheter une casserole qui nous manque ! Aussitôt un pied dans la boutique, que trois vendeuses viennent à notre rencontre et nous assiste jusqu’au paiement ! Ça, c’est du service ! Mais j’avoue trouver cette situation un peu oppressante !

Nous profitons d’être garés pour changer nos dollars (au Cambodge, cette monnaie est courante !) en dôngs, pour acheter une carte sim internet pour mon téléphone (nous utilisons essentiellement les applications téléchargées Maps.me ou google maps pour téléphone portable… une révolution pour nous !) et enfin, nous allons déjeuner dans un petit stand en face du magasin.


Nous ne sommes pas très motivés pour découvrir cette ville… Nous en avons eu un aperçu en roulant et cela nous suffit. Peut-être à tord… Nous reprenons donc le chemin pour la prochaine ville, plus prometteuse, Can Tho.
En sortant de la ville, nous trouvons un stand de lavage pour véhicules acceptant de faire une grosse toilette à notre Bul ! Il en avait grandement besoin !!

Et c’est reparti ! Les paysages défilent, tout comme les kilomètres ! Soudain, on s’étonne ! Une église?! Nous n’en avions pas vu beaucoup jusqu’ici ! Elle a été bâtie en bordure de route, dans une petite ville que nous traversons.
Sur notre route, nous prenons alors conscience que les églises ici sont très fréquentes et surtout très présentes dans les villes! J'avais oublié que les Chrétiens étaient aussi présents au Vietnam.
Nous ne pouvons nous arrêter sur le bas-côté afin de faire des photos du paysage, il y a trop de circulation. J’essaie donc de prendre des clichés à l’envolé… pas toujours très pratique ! Nous passons régulièrement sur des ponts qui enjambe un des nombreux bras du Mékong. Les maisons sont comme suspendus au-dessus de l’eau !

Au Vietnam aussi, les motos transportent souvent plusieurs personnes en même temps (toute une famille), ou encore des objets les plus insolites et les plus volumineux ! Mais ce qui m’impressionne le plus, ce sont les enfants qui y sont transportés ! J’ai toujours peur, qu’ils ne tombent… mais non !





Nous nous approchons enfin de Can Tho, et nous croisons une fois de plus, ces musiciens/danseurs habillés en dragon.

La nuit tombe vite, et nous entrons dans cette énorme ville de plus d’1 200 000 habitants de nuit ! Ce que nous découvrons nous laisse bouche bée ! Des centaines d’illuminations éclairent les routes !
On aperçoit au fond le drapeau lumineux du marteau et de la fossile et celui du Vietnam!
Sans nous en rendre compte, nous nous dirigeons vers le quartier le plus animé de cette heure tardive. Nous roulons jusqu’à l’extrémité de cette rue. Nous sommes bloqués par un parking et un centre commercial. Le gardien ne peut nous laisser entrer, car nous sommes trop volumineux. Nous apercevons alors le petit terrain d’une maison détruite et lui demandons de nous y installer. Malgré un premier refus, il doit avoir un peu pitié de nous, car il nous laisse, tout compte fait, nous y garer. Gagné ! Nous nous dépêchons pour aller découvrir cette rue tout simplement incroyable ! Nous avions lu sur notre guide touristique que Can Tho était passé « le plus rapidement du collectivisme au socialisme de marché, preuve de son dynamisme ». Le résultat est son développement éclaire et de cette douce folie nocturne que pourrait avoir Singapour (ne connaissant pas la ville, c’est l’impression que j’en ai).

Les Vietnamiens se promènent le long de la berge, y pique-niquent. C’est LA promenade où amis et famille se retrouvent. Des bateaux partent régulièrement pour déposer la population sur l’autre rive ou bien leur permettre de jouer ou danser en plein milieu de la rivière (nous ne saurons jamais à quoi ce bateau illuminé en blanc pouvait servir… mais la musique s’en échappait !)
Au fond, l'un des ponts, illuminé.

Au milieu de toute cette agitation et de cette modernité, nous découvrons des vendeuses d’une autre époque ! Elles sont deux dans une barque à attendre ainsi sur l’eau, le badaud ! Elles proposent à manger, ou encore, quelques jouets pour enfants, nombreux sur cette promenade.

Le décalage est saisissant !
Ou encore, à côté d’immeubles ultra-modernes, les petites boutiques qui vendent à même le sol leurs fruits et légumes…


En face de la rivière Can Thô (et oui, la ville porte son nom !), nous levons les yeux… Un hôtel se dresse devant nous, avec ses lumières qui doivent empêcher ses clients de fermer un œil la nuit ! C’est peut-être pour cela, qu’ils se retrouvent pour beaucoup sur le balcon ! En tout cas, cette image me fait penser à une publicité Channel version nuit ou encore aux jeux de lumières du Crazy hourse !... A chacun de voir !

Nous faisons ensuite la connaissance de Ho Chi Minh, ou du moins de sa statue !


La soirée est déjà bien entamée, lorsque nous réalisons que nous n’avons toujours pas dîner. Nous sommes parvenus jusqu’au night market, où nous décidons de nous acheter plusieurs plats différents : beignets à la vapeur (délicieux ! Même Lila les apprécie et on est « obligé » d’aller en chercher une deuxième fois !), petites crêpes salées (là, malheureusement, je ne parviens pas à manger la mienne…), et enfin, épis de maïs ! Nous partons nous installer avec tous nos achats sur un banc, face à l’eau.


Sur notre chemin de retour, nous dépassons des stands de vêtements… Mon œil repère quelque chose… je fonce et j’appelle Lila. Ma petite fille est épuisée par cette journée qui n’en finit plus ! Mais elle finit par se laisser faire… hop, je la déshabille et lui enfile une tenue vietnamienne.
Emballé, c’est pesé ! Nous repartons avec ce nouvel achat.
Lila est trop fatiguée et je la porte le long du chemin… Heureusement que nous ne sommes pas trop loin.
Après tous ces kilomètres de route parcourus et surtout la pollution respirée, j’oblige Lila à se doucher… ou plutôt, je la douche, la sèche, lui mets son pyjama, lui lave les dents et lui donne son biberon de lait… et tout ceci en moins de 10 minutes !
Pendant ce temps, Samuel discute avec le gardien afin de rester dormir sur place ! Mais là, ce n’est vraiment pas possible. Nous devons quitter notre stationnement. De toute façon, nous n’aurions pas très bien dormi ici, à cause du brouhaha.
Nous couchons Lila qui s’endort immédiatement, prenons une douche à notre tour et levons le camp. Nous ne savons pas trop où aller. Nous sommes également fatigués et devoir reprendre la route après une telle journée est difficile. Nous tournons dans la ville dont la circulation est plus fluide à cette heure tardive. Nous ne voyons pas où stationner… Nous décidons alors de sortir de la ville et de prendre la direction de notre prochain point de chute Cai Bé, qui se trouve dans la campagne. Nous prenons cette décision, car nous ne nous sentons pas le courage d’affronter demain une circulation aussi dense et autant de personnes…Nous n’avons plus l’habitude ! Nous regardons dans le guide touristique, et nous nous rendons compte que nous pouvons faire l’impasse sur les bâtiments à voir. Je crois que nous avons eu un superbe aperçu de cette ville, et l’avoir fait de nuit, était une excellente idée !
Et puis, Chan Thô était une destination « obligatoire » en camping-car ! C’est la seule ville qui possède des ponts, nous permettant de franchir la rivière, et donc de remonter vers le nord du pays.
Nous voilà donc de nouveau sur la route, ne sachant pas très bien quoi faire ! Nous nous retrouvons sur la voie rapide… Pas très bon signe pour s’arrêter ! Samuel met brusquement son clignotant et prend la sortie. Je le regarde étonnée, puis je comprends… Une station-service version aire de repos à la française ! Nous nous arrêtons à côté d’autres véhicules. Ce sera très bien !


Cette fois, on ne bouge plus… sauf pour aller au lit ! A demain…




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