DALAT - 1er JOUR

Aujourd’hui, nous sommes le vendredi 17 février 2017 et nous nous réveillons doucement ! Il règne à l’extérieur un calme et une sérénité surprenante… surtout, lorsque l’on sait que nous dormons en quelque sorte au milieu d’un carrefour ! La route n’est pas très fréquentée, et lorsqu’il y a du passage, le « véhicule » est guère bruyant !

Samuel profite de ce calme précaire, pour travailler un peu. Lila, elle, dessine et quant à moi, j’écris quelques lignes sur le blog.
Tout ceci prend toujours un peu de temps, et nous mettons le moteur en route vers les 10h30.
Nous sommes à 50 mètres de la station-service, et nous allons pouvoir, à notre grand soulagement, apaiser la soif de Bul ! Nous reprenons la route, car nous avons encore 1h30 de trajet. Nous entrons à Dalat et nous nous dirigeons tout de suite autour du Lac Xuân Houng, en espérant trouver un peu d’espace et un stationnement possible. Nous poussons un peu, et atteignons un parking pour cars, qui se trouve à côté du jardin des Fleurs. Il y a même un restaurant. Soudain, des cris de joie se font entendre. Lila a repéré des chevaux sur le côté de la route et juste à côté, des carrosses comme ceux des princesses des dessins-animés !...
Nous nous garons pour la journée et nous payons notre stationnement… soit 30 000 dongs. 
Avant de sortir, je ressors les vestes et les écharpes, car l’air est très frais ! Il faut dire que nous sommes à exactement 1495 mètres d’altitudes (j’ai téléchargé une application pour vérifier !). Nous allons sans attendre au restaurant, car il est déjà 13h, et que nous avons une faim de loup! 
A attendons l’arrivée de nos plats, nous discutons du programme et de son dérouler. Ce sera découverte de la ville, de ses maisons coloniales, d’une église et de la gare en vélo ! 
Après le repas, Samuel descend nos deux roues du porte-vélo pendant que j’étudie la route à prendre. Et hop ! sur les vélos ! Nous sortons du parking, sous le regard médusé et rieur des piétons. Nous tournons à gauche et là, nous commençons à souffrir ! Nous débutons sans le savoir par une route très raide ! Lila pédale tant qu’elle peut pour soulager son père. Nous parvenons en haut de la pente, le souffle court et les jambes molles ! Nous qui avions froid en partons, nous venons de nous réchauffer instantanément ! Nous avons la confirmation que Dalat est bien une ville d’altitude !
Nous apercevons alors cet arbre au milieu du carrefour, un petit hommage à la France et surtout à Paris, dont elle s’est inspirée pour son architecture ! 
C’est d’ailleurs monsieur Alexandre Yersin (l’inventeur du sérum contre la peste) qui découvrit la région et écrit au gouverneur général de l’Indochine afin de lui faire part du bien fait du climat et de la beauté des paysages. Une station d’altitude serait formidable ici pour ces pauvres colons accablés par la chaleur de la côte. L’idée plait, et en 1897, les premiers plans de la ville sont dessinés. Rien n’est oublié : cafés, hôtels, chalets, écoles, églises et couvents, ainsi qu’un institut Pasteur (le 4ème institut ouvert par Yersin). 
Durant la guerre, la ville, protégée par ses montagnes, ne sera quasiment pas touchée et donc abîmée.

Nous approchons de notre premier stop : le couvent du domaine de Marie. Sa façade de 1940 ne présente guère d’intérêt, à part pour ceux qui apprécie la couleur rose ! 
À l’intérieur, par contre, nous admirons sa belle charpente en bois…
Puis, nous apercevons une petite porte dérobée sur le côté, qui nous dévoile un escalier. Nous nous demandons si nous pouvons l’emprunté, et tentons notre chance. Nous découvrons alors une sorte de cloître avec son jardin.
Les religieuses vivant ici appartiennent à la Congrégation des Filles de la Charité de St Vincent de Paul ! Tiens, tiens… ça me parle !
Nous partons à la découverte du jardin, et de ses orchidées typiques de la région : les sabots de fée.


 Et ces autres fleurs:


En se promenant, Lila aperçoit alors la statue d’une femme, et me demande qui sait. Je réfléchis et c’est alors, que la réponse nous parvient dans notre dos. Une religieuse dit de sa voix douce en français : « c’est une sainte !’. Nous la remercions de son intervention, mais je pressens que l’interrogatoire va se poursuivre, et les réponses plus difficile à fournir. Pas loupé ! Lila tourne son visage encore rond de l’enfance et me dit : « Maman, c’est quoi une sainte ? ». J’aimerai voir y voir, vous ! Comment répondre à ça, simplement ? Je réfléchis, je me dandine d’un pied à l’autre, puis trouve une réponse cohérente pour son âge : « C’est une femme qui a été tellement gentille durant sa vie, qui a tellement aidé les autres avant de penser à elle, que pour la remercier, les Chrétiens ont demandé au Seigneur de l’accueillir les bras ouverts à sa mort. » « Ah ! D’accord ! » me lance-t-elle avant de partir courir dans le jardin.

La vue depuis le couvent
Nous reprenons les vélos, et pédalons vers l’ancienne gare de Dalat. Nous prenons des petites ruelles, qui longent des cours d’eau, passons devant les maisons ouvertes des habitants peu habitués à voir passer des touristes devant leurs portes. Bref, nous découvrons la ville avec grand plaisir !
Nous atteignons la gare dont la façade a un petit air de la gare de Deauville. Elle fut bâtie entre 1932 et 1935 et fermée en 1970, à cause des attaques incessantes des Vietcong.
Sur le quai, les enfants jouent sur les quais... Ils ne sont pas très embêtés par les va-et-vient des trains!
Nous pouvons observer l'intérieur des wagons...
 ... et la différence de siège entre 1ère et 2ème classe!

Nous nous amusons sur les rails... ce n'est pas en France que nous pourrons le faire, alors autant en profiter... Nous imitons le train qui passe... Quelque chose ne va pas, Lila?
L'une des vieilles locomotives est de retour en gare... il vaut mieux se pousser!
Samuel et Lila, trop pressé de visiter ce nouveau train à quai, monte et commence la visite... Oui, mais le train n'a pas fini sa manoeuvre!!! Il redémarre... et par conséquent, ils ont droit à un petit tour gratuit!
Cette locomotive à vapeur fut rachetée aux Japonais au début du XXème qui l’avaient, eux-mêmes, acheté aux Chinois !
 Cette locomotive Diesel est un cadeau des Russes :
Nous décidons de rentrer. Nous avons passé un bel après-midi en vélo mais nos jambes commencent à fatiguer sans parler de la fraîcheur de l’humidité qui commence à pointer son nez. Nous atteignons Bul juste à temps, avant que l'obscurité ne gagne tout le ciel!
Une fois les vélos rangés, nous prenons tous une bonne douche chaude ! Samuel est devenu le pro pour dégoter les arrivées d’eau publique (j’avais eu beau chercher mais en vain !), et nous profitons pour faire le point. 
Le parking s’est entièrement vidé et il ne reste plus que nous ! Nous décidons donc de rester dormir, en sachant que nous serons certainement réveillés par le va-et-vient des autocars.
 Et pour nous récompenser de cette journée sportive, nous nous offrons un dessin animé du haut de notre lit!

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